Quel est le genre de la série Harry Potter ?

Quel est le genre de la série Harry Potter ?

Suite à l'article de vendredi à propos de l'urban fantasy, je savais que la question du genre de la fameuse série tomberait.

Étant donné que la saga est complexe et que la question pourrait intéresser pas mal de monde, j'ai décidé d'en écrire tout un article. De plus, je compte bien vous expliquer ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas en fonction des définitions sur lesquelles je me base, et ce, en long en large et travers.

La question à laquelle je vais répondre aujourd'hui et qui m'a été posée par Dorian est la suivante : Et du coup, la question qui fâche : Harry Potter, Fantastique ou Urban Fantasy ?

La question qui fâche... et ce n'est pas peu dire !

Harry Potter : du fantastique ?

Rappel de la définition du genre :

Dans un monde qui est bien le nôtre, celui que nous connaissons, sans diables, sylphides, ni vampires, se produit un événement qui ne peut s'expliquer par les lois de ce même monde familier. [...] Le fantastique c'est l'hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel.

Tzvetan Todorov, Introduction à la littérature fantastique, Paris, Éditions du Seuil, Points Essais, 1970, p. 29.

C'est un genre où l'on remet en doute l'existence du surnaturel et, parfois, la santé mentale du protagoniste. Les thèmes du rêve, du cauchemar et de la folie sont constants, pour ne pas dire incontournables. Par exemple : dans La Cafetière de Théophile Gautier, on explore le thème du rêve, dans La Musique d'Eric Zahn de H. P. Lovecraft celui du cauchemar, dans Le Horla de Guy de Maupassant celui de la folie.
Contrairement à ce que l'on pense, la peur et l'horreur ne sont pas des caractéristiques du genre. Ce sont des auteurs américains tels que Howard Philip Lovecraft et Edgar Allan Poe qui ont défini que la peur et l'effroi devaient impérativement faire partie des caractéristiques du genre. — Si le sujet vous intéresse, je vous conseille de lire l'essai de Lovecraft : Épouvante et Surnaturel en littérature.

Revenons à nos moutons : la série Harry Potter est-elle du fantastique ?

Non.

Les trois caractéristiques principales du genre sont : l'action a pour cadre le monde réel, le doute quant à l'existence et la réalité de l'événement surnaturel et des thèmes tels que le rêve, le cauchemar ou la folie.

Alors :

  • L'action a-t-elle pour cadre le monde réel ? Pas vraiment : la plupart des actions magiques se produisent dans le monde magique (le chemin de traverse, Poudlard, le ministère, un coin de forêt enchanté pour n'être vu que par les sorciers,...) et quand les actions magiques se produisent chez les moldus, les sorciers s’arrangent pour oublietter les moldus...
  • À la fin de la série, remet-on en cause l'existence de la magie, de Poudlard, du ministère de la magie, du chemin de traverse, etc. ? Non. Je pense qu'il ne faut même pas développer ce point-là...
  • La santé mentale de Harry est-elle remise en cause de manière à faire douter le lecteur de l'existence de la magie ? Non.
  • Assimile-t-on le monde magique à un rêve ou à un cauchemar de Harry Potter ? Non.

Si les caractéristiques principales ne sont pas respectées, je pense que l'on peut aisément affirmer que Harry Potter n'est pas du fantastique. Pour les caractéristiques secondaires, je vous renvoie au tableau récapitulatif de l'article Différencier les genres de l'Imaginaire.

Harry Potter : de l'urban fantasy ?

Rappel de la définition du genre :

L'urban fantasy est un sous-genre de la fantasy qui se caractérise par le fait que la magie se manifeste dans notre monde du XXe ou XXIe siècle et, en général, dans une grande ville (ou dans plusieurs grandes villes). La féerie et les créatures magiques sont dissimulées aux humains, et ce, même si ces créatures se mêlent aux mortels. Bien souvent les seuls capables de franchir le voile qui sépare la magie du monde réel sont des marginaux, des enfants ou des créatures hybrides.

On s'en rapproche, mais non.

Même s'il est indéniable que Harry Potter est de la fantasy par les thèmes abordés tels que la lutte du Bien contre le Mal, les élus, les prophéties, les valeurs sacrées (le courage, la sagesse, la loyauté, la détermination,...), le schéma narratif qui est celui du voyage du héros (l'un des 3 schémas les plus typiques de la fantasy), mais aussi et surtout : la magie, le sous-genre dans lequel on essaie de le ranger n'est pas l'urban fantasy.

Alors, pourquoi Harry Potter n'est pas de l'urban fantasy alors que la plupart des caractéristiques sont respectées ?

Il est vrai qu'on retrouve la plupart des caractéristiques du genre : la magie est dissimulée aux moldus, l'intrigue prend place au XXIe siècle, ce sont par les enfants qu'on découvre le monde magique. Mais on ne retrouve pas la caractéristique principale qui donne son nom au genre : le côté urbain.
Si la fantasy urbaine s'appelle ainsi, c'est parce que le cadre principale de l'action est la ville (le terme « urbain » vient du mot latin urbs, urbis qui signifie « la ville ») et, pour être précise, la ville telle que nous la connaissons. Les créatures magiques s'organisent en groupe qui ressemblent à s'y méprendre à des organisations secrètes (la Franc-maçonnerie serait-elles, en réalité, une organisation secrète d'alchimistes ?) qui doivent trouver leur place dans le monde mortel. La vie magique est imbriquée dans la vie mortelle : dans la série Chroniques des Vampires d'Anne Rice, Lestat est une rock star ; dans la série de films Underworld, les vampires sont à la tête d'une banque de sang, etc.

Alors que dans Harry Potter, ce n'est pas le cas : tout est mis en œuvre pour séparer sciemment le monde magique du monde mortel. Les sorciers vont jusqu'à battre leur propre monnaie et ne font pas commerce avec les moldus.

Donc non, Harry Potter n'est pas de l'urban fantasy.

Harry Potter : de la low fantasy ?

Rappel de la définition du genre :

La low fantasy est un sous-genre de la fantasy où le monde réel communique avec un autre monde (le monde secondaire), avec une notion de possibilité de non retour et qu'aucun des deux mondes ne connait l'existence de l'autre.

La low fantasy est un genre où on se retrouve avec notre monde tel qu'on le connaît (sans magie) qui est lié à autre monde qui, lui, est magique. Et les deux mondes n'ont pas conscience de l'existence de l'autre ou seulement l'un des deux connaît l'existence de l'autre.

Cela vous parle-t-il plus ?

Il est vrai que, en général, dans la low fantasy il est question de planètes différentes (Narnia, Ewilan, Lladrana) ou de plans différents (À la Croisée des mondes). Pourtant, la caractéristique principale est l'existence de deux mondes, l'un magique et l'autre pas, qui sont reliés d'une manière ou d'une autre et dont l'existence de l'autre est inconnue ou méconnue.

L'univers de Harry Potter répond parfaitement à cette définition. Même si les deux mondes, le moldu et le magique, partagent la même terre physique, ils n'ont rien en commun. Chaque monde a ses propres lois, son propre gouvernement, sa propre monnaie, sa propre culture (les contes que l'on raconte aux enfants ne sont pas les mêmes, l'Histoire n'est pas la même selon qu'on est moldu ou sorcier, il existe également une littérature qui est propre à chaque monde, chacun a sa propre musique...), ses propres traditions, ses propres sports, ses propres problèmes, etc. Les deux mondes sont parfaitement distincts l'un de l'autre, ils ne s'imbriquent pas comme c'est le cas dans l'urban fantasy.
Il y a une réelle différenciation entre les monde des moldus et le monde des sorciers et un farouche désir de la maintenir.

Quant à la possibilité de non retour, il est clair que, comme Harry est un sorcier, il ne retournera jamais à la vie de moldu. Ses vies personnelle et professionnelle ne tournent qu'autour de la magie. D'ailleurs, à la fin de la saga, il n'a plus aucune attache avec le monde moldu puisqu'il ne garde aucun contact avec les Dursley (du moins, on le suppose) et qu'il n'avait aucun ami moldu.

Ensuite, j'aimerais détailler un point sur lequel certain-e-s pourraient chicaner : oui, c'est vrai que les sorciers connaissent l'existence des moldus. Mais cela s'arrête là. Étant donné que les sorciers et les moldus ne se mélangent pas, les sorciers ne savent rien des habitudes des moldus. On le voit bien avec Arthur Weasley qui questionne énormément Harry sur l'usage et le fonctionnement de certains objets moldus (comme les canards en plastique, par exemple) ou encore avec l'étonnement de Ron devant le fait que les photographies moldues ne bougent pas.
Donc, peut-on dire que les sorciers connaissent les moldus ? Franchement, je ne pense pas. Les sorciers savent que les moldus existent mais c'est à peu près tout.

Pour conclure

Il est vrai que la multitude des sous-genres de la fantasy compliquent énormément la classification d'un roman, surtout lorsque le roman peut être ranger dans plusieurs catégories en fonction du cadre, des thèmes, etc. ou qu'il flirte à la lisière de plusieurs sous-genres.

De même, parfois un même genre peut avoir plusieurs définitions (des historiques, des modernisées, certaines en fonction du continent considéré, ou encore certaines sont simplifées par les éditeurs pour faciliter le classement — c'est comme ça que le fantastique est devenu une sorte de fourre-tout nauséabond... et que, pour certain-e-s la science-fiction est devenue synonyme d'Imaginaire englobant de ce fait la fantasy, le fantastique, la science-fiction et même le polar/thriller, parfois !!!), ce qui facilite encore moins la tâche.

Mais, dans tous les cas, il ne faut pas s'arrêter à ça parce que le plus important c'est de continuer à lire et à écrire pour le plaisir ! wink

Donc, voilà ! Et moi qui voulais écrire un petit article vite fait, bien fait, je viens de passer deux heures et demie dessus ! wink
En tout cas, j'espère qu'il vous a plu ! Qu'en avez-vous pensé ? Pour vous, est-ce important de pouvoir classer un roman aussi précisément ?

Commentaires

C'est un bel article.

Bien écrit, clair, où tu définis des types de roman qui sont importants.

En effet, la saga est complexe et j'avoue qu'au début, quand j'ai lu la question "Quel est le genre de la série Harry Potter ?", j'ai automatiquement pensé "urban fantasy". Mais comme tu l'as dit, "On s'en rapproche mais non."

Merci pour cet article clair et instructif.

Merci ! laugh

Des remarques intéressantes, mais une question néanmoins : pourquoi l'exclure de la High Fantasy ?

On est typiquement devant une quête du héros luttant contre les forces du mal avec ses petits copains dans un monde où la magie est omniprésente. Tout est magique dans Harry Potter, alors que justement la Low Fantasy a le mot "Low", signifie que le merveilleux est un peu là, mais pas trop là.

Du coup j'irais jusqu'à dire que la série fait le yo-yo entre high et low et que selon le point que l'on regarde, on a l'un ou l'autre des genres. Genre : oh, il a grandi dans une famille de moldus et a pris le train pour aller au château, qui se trouve en écosse: c'est de la low. Oh, le château en question est 100% magique, au milieu d'une forêt magique et attaqué par un monsieur serpent et son armée de sorciers qui volent: c'est de la high.

Bref, je pense qu'il y a de quoi faire un mémoire sur le sujet XD
 

Voilà l'exemple type dont je parle dans la conclusion : le mélange des écoles de définitions ! XD

Selon les définitions l'école que tu suis, il est vrai qu'Harry Potter est de la high fantasy. Mais ton école ne considère que les thèmes et non les cadres et les temporalités. Un autre exemple, selon ton école, la low fantasy est un synonyme de la dark fantasy.

L'école de définitions que je suis essaie de prendre en compte le plus possible les thèmes, les cadres et les temporalités. Du coup, selon mon école, la high fantasy prend place dans un monde complètement imaginaire et l'équivalent de "ta" high fantasy "chez moi" c'est l'epic fantasy.

MAIS ! En suivant mon système de classification en trois qualificatifs (cadre-thème-temporalité) Harry Potter c'est de la low (parce que c'est dans un monde qui vacille entre monde réel et monde magique)-epic (par les valeurs chevaleresques défendues et le combat du Bien contre le Mal)-modern (par le fait que l'histoire se passe au XXe/XXIe siècle) fantasy.
Mais je n'en parle jamais parce que c'est déjà assez compliqué comme ça et personne ne semble adhérer à ce système. XD

C'est bien le souci pour classifier les sous-genres ! (j'ai l'impression d'être un fan de metal : c'est de la death Fantasy...)

Ceci dit, le qualitatif cadre/thème/époque est plutôt pas mal. C'est assez compliqué pour celui qui découvre le genre, mais pour les fans c'est assez parlant.

PS : Je sépare aussi Low de Dark, même si de la Low peut être Dark... Chacun sa déf lol.

Ton article était vraiment très intéressant. J'en sais maintenant plus sur le genre de la saga Harry Potter mais aussi sur les genres de la fantasy en général. Par contre, je ne fais pas beaucoup attention à cela. Qand je lis un livre, je dois prendre du plaisir et qu'il soit d'un genre ou d'un autre n'aura aucune importance sur ma lecture. Merci et continue comme ca :)

Merci ! smiley

Je comprends parfaitement ton envie de ne pas vouloir classer tes lectures. Pour ma part, si j'aime classé, c'est juste pour le plaisir de l'analyse (oui, il y des gens qui aiment ça ! cheeky) et pour pouvoir retrouver d'autres lectures dans les genres que j'apprécie ou, au contraire, pour éviter des lectures qui ne me plairont pas.

Classifications....

Classer des choses c'est bien, mais classer, sous classer, sous sous classer, n'est ce pas un peu de "masturbation intellectuelle"? Tout comme l'évoque Dorian, le métal en musique se divise en une infinité de variante et en littérature aussi on penche de plus en plus vers ses sous genres de fantasy, de SF...etc. Mais à part entretenir des discutions sans fin sur le rattachement de telle ou telle oeuvre à tel ou tel thème (comme le cas Harry Potter en est l'illustration car à la croisé de plusieurs sous genre), je ne suis pas sur que cela permette à un lecteur potentiel de faire un choix de lecture.

D'autant qu'un chef d'oeuvre appartenant à un genre n'implique pas (loin de là) que l'on ne se retrouve pas avec un nanar dans le même genre. Je crois que si quelques notions de partition au sein d'un genre peuvent être utiles (par exemple en SF le genre "space opéra" est vraiment différent de la "hard science" et il est important au lecteur de savoir dans quel genre se range le livre en fonction de ses attentes), aller trop loin dans le détail des classifications me semble plutot destiné à alimenter des discussions sans fin que de véritablement aider à un choix.

Je pense que chacun doit faire comme il le sent.

Personnellement, je ne m'arrête qu'au sous-genre, je ne descends pas plus bas dans la clasification. Comme tu l'as dit, le Space Opera et la Hard SF sont tous les deux de la SF, mais tellement différent qu'il est important de marquer cette différence. Il en va de même dans la Fantasy : Harry Potter et Elric sont deux séries de fantasy mais elles sont toutes les deux très différentes.

Ensuite, la classification d'une oeuvre découle directement de son analyse : les personnes qui, en général, n'aiment analyser, n'aiment pas classer non plus.
Dans mon cas, l'analyse me permet d'avoir une compréhension plus profonde d'une oeuvre, de percevoir les messages cachés, d'une certaine manière. Et j'adore ça ! Mais je comprends que d'autres n'apprécient pas et préfèrent se contenter d'une lecture superficielle sans se poser de questions.

Salut nous on avait aborde ce livre en coursavoir de français pour répondre justement à cette question, et quand j'avais demandé à mon professeure sil finalement cetait un fantasy ou un fantastique, elle m'avait répondu que dans le tome 1 et dans le début des autres tomes, le genre était fantastique et qu'il passait après en fantasy. Voilà c'était juste pour passer l'information.

Ça me fait toujours frémir quand on ne considère que des morceaux d'une œuvre pour la partitionner en genres différents... Ça n'a aucun sens : une œuvre se considère dans son ensemble et non par petits bouts. frown

Je suis tout à fait d'accord avec toi. Moi aussi ça m'avait paru bizarre parce que c'était la première fois que qu'on me disait que oeuvre pouvait avoir plusieurs genres. Mais bon.

Intéressant cet article, mais pourquoi ne pas évoquer le "merveilleux" ? C'est un registre que l'on retrouve notamment dans les contes (même si Harry Potter n'est pas un conte) et qui se caractérise par le fait que les personnages du récit et le lecteur acceptent l'existence du surnaturel (ils acceptent de faire comme si un monde régi par la magie pouvait exister). Alors au début du roman, le merveilleux n'est pas en place, mais il apparaît dès lors que Harry pénètre dans le monde des sorciers.

 

Tu as répondu toi-même à ta question : Harry Potter n'est pas un conte wink

De plus, Harry Potter ne se passe dans le monde réel, mais en alternance entre le monde réel et une dimension paralèlle. Or dans le merveilleux, la magie ne se gène pas pour interférer dans les affaires des "moldus", ce qui n'est pas le cas dans HP : les sorciers se gardent bien d'interagir avec les mortels et tout est mis en oeuvre pour que les moldus n'interagissent pas dans le monde des sorciers. Il y a une véritable barrière entre les deux mondes qui fait que Harry Potter ne peux pas être du merveilleux.

En outre, les thèmes évoqués dans la série, ainsi que les archétypes de personnages (dans le merveilleux, seuls des êtres mystérieux et supérieurs possèdent la magie, jamais le héros ou l'héroïne) et d'intrigues ne corresonpent pas au genre du merveilleux, mais à celui du roman d'aventures, de la quête initiatique (qui relève du mythe et non du conte) et du roman de chevalerie.

Enfin, la temporalité ne correspond pas à celle du merveilleux, je t'invite à aller lire mon explication sur la différention des genres de l'imaginaire. smiley

Merci d'avoir répondu, mais ma question était purement rhétorique ! ;-)

En effet, pour moi Harry Potter fait clairement appel au registre du merveilleux, selon la définition qu'en donne Todorov. Tu sembles partir du postulat que seuls les contes peuvent relever du merveilleux (j'ai lu l'article que tu me proposais), mais ce n'est pas le cas. Un texte peut relever du merveilleux sans être un conte et c'est clairement le cas pour Harry Potter (même s'il possède tout de même quelques caractéristiques du conte). D'ailleurs, à l'origine, les romans de chevalerie faisaient appel au merveilleux, au sens étymologique du terme.

Dans ton article, tu écris également que dans le merveilleux l'histoire est ancrée dans notre monde, mais ce n'est pas le cas : "Le merveilleux se fonde sur l’interaction d’êtres et d’éléments surnaturels, dans un monde féérique. Les êtres et les objets ont des pouvoirs surnaturels, les animaux parlent, la sorcellerie et les métamorphoses sont habituelles. Les récits merveilleux sont des œuvres d’imagination qui ne recherchent pas le réalisme et qui plongent d’emblée l’auditeur ou le lecteur dans un monde surnaturel, sans qu’il se pose de questions. Ils ont un caractère irréaliste." (source : nousvousils, l'e-mag de l'éducation)

Par ailleurs, les sorciers n'interagissent pas avec les moldus par choix, mais pourraient le faire, rien ne les en empêche. Et les moldus  ne nient pas l'existence du surnaturel, ils n'en connaissent tout simplement pas l'existence. S'ils étaient mis devant le fait accompli, dans l'histoire, ils n'auraient d'autre choix que de reconnaitre sa présence (comme tous les nouveaux ministres moldus), d'accepter le surnaturel, au même titre que le lecteur ou le narrateur (cela, tu le dis toi même dans ton article).

Enfin, je suis tout à fait d'accord pour dire qu'Harry Potter est un roman d'aventures avec une quête initiatique (il y a aussi ce genre de quête dans les contes, d'ailleurs) mais cela ne semble pas incompatible avec le registre du merveilleux. C'est un roman de formation/d'apprentissage faisant appel au merveilleux (comme dans les romans de chevalerie, qui n'étaient pas des contes). 

Je termine sur un point qui m'interpelle. Tu écris : "dans le merveilleux, seuls des êtres mystérieux et supérieurs possèdent la magie, jamais le héros ou l'héroïne". D'où provient cette information ? Je n'avais jamais réfléchi à cet aspect, et je serais curieuse de savoir d'où vient cette remarque (car effectivement, je ne trouve pas de contre-exemple à apporter !)

Au plaisir de continuer à échanger avec toi ! A bientôt

En effet, pour moi Harry Potter fait clairement appel au registre du merveilleux, selon la définition qu'en donne Todorov. Tu sembles partir du postulat que seuls les contes peuvent relever du merveilleux (j'ai lu l'article que tu me proposais), mais ce n'est pas le cas. Un texte peut relever du merveilleux sans être un conte et c'est clairement le cas pour Harry Potter (même s'il possède tout de même quelques caractéristiques du conte). D'ailleurs, à l'origine, les romans de chevalerie faisaient appel au merveilleux, au sens étymologique du terme.

Alors, il ne faut pas confondre le genre du merveilleux et le regirstre du merveilleux. Ce sont deux choses différentes. Si la Fantasy (et donc Harry Potter, par transitivité) font bien partie du registre du merveilleux, elle ne fait pas partie du genre.

Soit dit en passant, la Science-fiction fait aussi partie du registre du merveilleux wink

 

Dans ton article, tu écris également que dans le merveilleux l'histoire est ancrée dans notre monde, mais ce n'est pas le cas : "Le merveilleux se fonde sur l’interaction d’êtres et d’éléments surnaturels, dans un monde féérique. Les êtres et les objets ont des pouvoirs surnaturels, les animaux parlent, la sorcellerie et les métamorphoses sont habituelles. Les récits merveilleux sont des œuvres d’imagination qui ne recherchent pas le réalisme et qui plongent d’emblée l’auditeur ou le lecteur dans un monde surnaturel, sans qu’il se pose de questions. Ils ont un caractère irréaliste." (source : nousvousils, l'e-mag de l'éducation)

Le genre du merveilleux (contes, fables et légendes) est, lui, ancré dans une réalité hypothétique qui ressemble à la nôtre au point que les deux réalités ne se distinguent plus l'une de l'autre, ça c'est la vraie définition complète qu'on m'a donnée il y a des années. Les éléments merveilleux servent à créer une allégorie de notre société afin d'en tirer une leçon de vie, c'est pour ça que le récit doit s'inscrire dans un cadre indistinct du nôtre, à la différence près que la magie existe dans cette réalité et pas dans la nôtre. La conclusion morale ou philosophique est indissociable du genre. Mais pas du registre.
Toutefois, n'oublions pas qu'à l'époque de la création des contes, des fables et des légendes, les gens croyaient aux animaux qui parlent, aux fées, aux démons, etc. De ce fait, de leur point de vue, la réalité décrite dans les contes et LA réalité (et ce serait la nôtre, celle du XXIe siècle qui serait une sorte d'allégorie).

Cependant, je n'ai pas suivi les dernières études et recherches faites sur le merveilleux, il se peut que la défintions du genre aient évoluées. Aurais-tu le lien de l'article du mag ?

 

Par ailleurs, les sorciers n'interagissent pas avec les moldus par choix, mais pourraient le faire, rien ne les en empêche. Et les moldus  ne nient pas l'existence du surnaturel, ils n'en connaissent tout simplement pas l'existence. S'ils étaient mis devant le fait accompli, dans l'histoire, ils n'auraient d'autre choix que de reconnaitre sa présence (comme tous les nouveaux ministres moldus), d'accepter le surnaturel, au même titre que le lecteur ou le narrateur (cela, tu le dis toi même dans ton article).

Cet article ne reflète que mon point de vue, il n'est pas absolu ! ^^"
Mais, pour moi, c'est de la low, et ce, que la séparation soit volontaire ou pas. Si tu estimes que la séparation volontaire n'est pas un critère de low, et que tu préfères ranger la saga dans de l'urban, c'est parfaitement justifié ! wink
(ton point de vue sur la question est même très intéressant !)

 

Enfin, je suis tout à fait d'accord pour dire qu'Harry Potter est un roman d'aventures avec une quête initiatique (il y a aussi ce genre de quête dans les contes, d'ailleurs) mais cela ne semble pas incompatible avec le registre du merveilleux. C'est un roman de formation/d'apprentissage faisant appel au merveilleux (comme dans les romans de chevalerie, qui n'étaient pas des contes). 

La quête initiatique est presque indissocable du registre, mais pas du genre ! (je sens que tu me détestes là... ^^")
Les récits de chevalerie sont plutôt rattachés au registre épique qu'au registre merveilleux, bien que beaucoup (mais pas la majorité) empiètent sur les deux.

 

Je termine sur un point qui m'interpelle. Tu écris : "dans le merveilleux, seuls des êtres mystérieux et supérieurs possèdent la magie, jamais le héros ou l'héroïne". D'où provient cette information ? Je n'avais jamais réfléchi à cet aspect, et je serais curieuse de savoir d'où vient cette remarque (car effectivement, je ne trouve pas de contre-exemple à apporter !)

Ça, ça vient de mon cours de français et de mes propres constatations ! ^^"
Et je ne connais pas les sources de ma prof de français ^^"

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