Comment utiliser l'ironie dramatique dans un roman ?

Sortie de L'Exode le
Samedi 10 novembre

=> Réservez votre exemplaire dédicacé et plus encore ! <=

 

N'oubliez pas de me suivre sur alinewheeler.wordpress.com pour ne rien manquer !

Comment utiliser l'ironie dramatique dans un roman ?

Est-ce que vous avez déjà eu l'impression d'écrire un texte mou ?

Vous savez le genre de texte aussi inutile qu'une chaussette dans une Tropézienne. Si cela vous est déjà arrivé alors c'est peut être que votre livre souffre d'une carence en ironie dramatique.

C'est grave docteur ?

Oh non ! Vous allez juste forcer le lecteur à se servir de votre livre comme cale porte mais sinon tout va bien !

Ok, mais comment je fais alors pour remédier à ce machin là... l'ironie dramatique ?

Ne vous inquiétez pas ! Je vais vous expliquer ce que c'est et comment la mettre en place dans cet article mais avant il faut que je vous dise qui je suis.

Je m'appelle Martin et je suis l'auteur du blog narrationetcafeine.fr. Un super blog sur l'écriture !

J'ai un angle d'approche un peu particulier puisque je m'inspire des techniques de storytelling des scénaristes pour aider les écrivains à mieux écrire.

Alors si ça vous intéresse de découvrir un jargon exotique composé d'accroches, de préparations, de fusils de Tchekov, je vous invite à jeter un coup d’œil à mon travail.

Voilà pour les présentations ! Maintenant, si vous le voulez bien, je vous propose de passer au vif du sujet.

 

C'est quoi l'ironie dramatique ?

L'ironie dramatique, c'est quand une information importante est donnée au lecteur mais qu'un personnage l'ignore. Alors là, je vous vois venir, vous vous dites « tout ça, pour ça ? »

Patience petits Padawans !

Laissez-moi vous démontrer la puissance du dispositif avec un exemple inspiré de monsieur Alfred Hitchcock :

  1. Dans une scène, nous apprenons que A a posé une bombe sous une table. Ce dernier invite B à le rejoindre, le problème c'est que B ignore qu'une bombe se trouve sous la table. Vous sentez la tension s'installer ?
  2. La scène continue. A prétexte se rendre aux toilettes mais... — retournement de situation ! — B le force à se rasseoir avec une arme et le compte à rebours de la bombe continue de défiler. A le sait mais pas B. Quelle situation explosive !
  3. Finalement, un bon samaritain croyant sauver A assomme B. A le remercie et s'enfuit en prétextant prévenir la police.

Maintenant que l'on a vu ça, est-ce que vous comprenez mieux l'intérêt de ce mécanisme narratif ? On a fait d'une scène de dîner un peu ennuyeuse une véritable aventure tout ça juste avec l'ironie dramatique.

Mais le plus intéressant reste à venir, alors restez attentifs !

 

Le choix de la victime

Ce qu'il y a de bien avec l'ironie dramatique, c'est que tout le monde peut en être la victime. On peut donc varier les situations pour créer de savoureux mélanges.

Ok Basile, t'es bien gentil, mais c'est quoi la victime de l'ironie dramatique ?

Il s'agit de tout personnage à qui il manque une information connue du lecteur.

Par exemple, si nous savons qu'un voleur est entré dans une maison et qu'il n'a pas entendu les propriétaires rentrer, il y a une double ironie dramatique : les propriétaires ne savent pas qu'un voleur se trouve dans la maison (ironie 1), le voleur croit être seul (ironie 2).

Et vous ne connaissez pas la meilleure ?

C'est simplissime de déterminer une victime d'ironie. Cela peut être soit :

  • un personnage qui ignore quelque chose
  • un personnage qui ignore quelque chose qu'un autre personnage sait
  • un personnage qui croit que d'autres personnages ignorent quelque chose alors qu'en fait... ils savent !

Si vous jouez sur ces trois catégories, vous aurez le tiercé gagnant !

Maintenant que vous comprenez un peu mieux l'ironie dramatique, je vous propose de découvrir comment on la met en place.

 

L'ironie dramatique, c'est comme les fringues !

Laissez-moi vous raconter une anecdote. Quand j'étais jeune, je m'habillais n'importe comment. J'empilais littéralement le plus de couleurs sur le dos et je croyais sincèrement avoir la classe. Mais en fait, j'avais sauté les étapes.
Au lieu d'apprendre à m'habiller, à sélectionner mes vêtements en amont et à les assortir méthodiquement, j'étais directement passer à la case bien m'habiller sans passer par la case départ (ne touchez pas 20 000 francs).

En matière d'ironie dramatique, c'est pareil.

Il existe trois phases à respecter pour scotcher le lecteur :

  • l'installation
  • l'exploitation
  • la résolution

Bref, si vous voulez coller des frissons à votre lectorat, il faut comprendre ce principe tiré de la Dramaturgie L'art Du Récit d'Yves Lavandier.

 

L'installation

La phase d'installation consiste à informer le lecteur d'une information inconnue d'un personnage.

Par exemple, dans Roméo et Juliette, Juliette et le frère Laurent conçoivent un plan dans lequel Juliette fera semblant de mourir pour pouvoir épouser Roméo. Or, Roméo n'est pas au courant. Le frère Laurent envoie donc un messager le prévenir.

Toute cette scène prépare le conflit à venir parce que devinez quoi : Le messager est en retard et le frère Laurent ne le sait pas !

Ce qui m'amène à mon 2e point : L'information qu'un personnage ignore doit amorcer un conflit futur.

On se fiche de savoir si Paul ne sait pas qu'il a oublié son amulette. Sauf si cette amulette est en réalité un objet magique qui empêchait ses ennemis de repérer sa localisation.
Dans ce cas, on frissonne pour Paul qui croit être en sécurité alors qu'il courre un danger imminent.

Ainsi, l'information ignorée par le personnage doit mener lentement mais sûrement vers :

  • une dispute (ex : une femme s'aperçoit que son mari est très proche d'une autre femme. Or, elle ne sait pas que c'est la sœur de son mari)
  • un danger (ex : un elfe rentre dans son royaume sans se douter qu'il a été envahi par des orcs)
  • Etc.

Bref, installez une situation ! Puis exploitez la !

 

L'exploitation

Il ne suffit pas d'installer l'ironie dramatique, il faut aussi la développer. Sinon, ça reviendrait à promettre un bonbon à un gamin et à le manger sous ses yeux. Le gamin ne sera pas content du tout et vous perdrez sa confiance.

Pour l'ironie dramatique, c'est pareil !

Il faut que vous exploitiez les éléments que vous avez mis en place. Que vous fassiez monter la mayonnaise !

Pour cela, voici ma petite astuce : Il faut amener le personnage qui ignore quelque chose au plus près de la vérité, mais sans lui révéler. Essayez de jouer avec les nerfs de vos lecteurs en leur faisant se poser une question :

Le personnage va-t-il découvrir la vérité ?

Un exemple de ce procédé est le moment où le héros et une femme ont échangé leurs premiers baisers. La femme est sur le point d'avouer qu'elle est une espionne mais... le héros se fait mordre par un rongeur. Les aveux sont interrompus.

Cependant, le lecteur, qui sait pour son rôle d'espionne et son amour, aura été suspendu à votre prose se demandant : va-t-elle enfin lui avouer ?

Il se retrouve partagé entre son désir et sa crainte de voir le personnage découvrir la vérité.

Vous le tenez ! Il est à vous !

Mais surtout gardez la révélation pour la résolution !

 

La résolution

Ça y est votre lecteur se ronge les ongles. Il a les yeux rivés sur votre livre. IL VEUT SAVOIR.

C'est le moment de lui donner ce qu'il veut. Apprenez toute la vérité au personnage ignorant et attardez-vous sur son ressenti et les conséquences. Si possible, essayez de proposer un dénouement imprévu pour surprendre le lecteur.

C'est le moment de lui en mettre plein la vue. Allez-y franco sur les disputes, les bagarres etc.

 

Avec tous ces éléments en poche, vous savez désormais comment utiliser l'ironie dramatique dans vos romans.

Je vous invite à tester ce procédé par vous-même. Si d'aventure vous découvrez des manières intéressantes d'utiliser l'ironie dramatique, écrivez-les nous dans les commentaires. Cela aidera toute la communauté.

Cet article s'achève ici. Un grand merci à Zahardonia pour m'avoir reçu sur le blog.

 

Martin

de narrationetcafeine.fr

P.S. : Je sais que Zahardonia vous manque. Alors comme on fait les choses bien, vous pouvez la retrouver sur mon blog avec son article 10 choses à savoir avant d'écrire de la Fantasy.

Commentaires

Bonjour Martin, enchanté de faire ta connaissance ! Suite à ce très intéressant article, je file sur ton blog !

Merci !

Enchanté de faire ta connaissance Loukass! Tu es le bienvenue! :)

Salutations Martin ! Ravi de faire ta connaissance, c'est un article très intéressant que tu nous proposes là. Personnellement, je ne connaissais pas vraiment le concept, mais voilà mal remédié ! Je vais aller me promener sur ton blog, pense à nous rendre Zaha quand même ! ^^'

Bonne continuation !

Ravi de faire ta connaissance Hugo! C'est une excellente nouvelle! Je suis très content de t'avoir appris un truc :)

ps: pour récupérer Zaha, tu devras t'acquitter d'une quête. Il faudra tuer 10 orcs, 10 gobelins, 10 trolls à mains nues et à cloche pieds ;)

Bonjour Martin,

C’est un super article que tu as fait là ! C’est amusant, dès les premières lignes je me suis dit « ça ne ressemble pas au style de Zahardonia ! ». Mais comme elle, tes explications sont super claires et structurées. Je ne connaissais pas l’ironie dramatique… Ah mais si, en fait ! C’est exactement ce que j’avais prévu pour certains points de mon prochain roman, sans le savoir. Ton article va m’aider à bien les exploiter, merci beaucoup ! Du coup je suis curieuse de découvrir ton blog...

Tu m'étonnes ! Comme l'article ne commençait pas par "Aujourd'hui, je...", c'était clair dès le début qu'il y avait anguille sous roche ! wink

Bonjour Aude,

 

Il faut dire que tu es bien servie avec le style et la qualité des articles de Zahardonia. Normal que tu la reconnaisses tout de suite :)

 

En tout cas, je suis très content que l'article t'aie plu et encore plus que ça te donne envie de visiter mon blog. Cela te fera de la lecture en attendant les articles de Zaha ;)

 

 

Bonjour Martin, enchantée de faire ta connaissance. Ton article est très insttuctif et je cherchais justement a cree cette ambiance dans mon roman et ton article m'y aide. En plus tu m'as appris son vrai nom (je ne le connaissais pas). Je suis passée faire un tour sur ton blog et lui aussi est tres interressant. Mais pense à nous rendre Zaha tout de meme.;-)

Bonjour Ravage (référence au livre de Barjavel?)! Content que l'article t'aie plu et que tu trouves le blog intéressant. ton commentaire étant si gentil, je consens à te rendre Zaha ;)

Rebonjour Martin,

Je suis contente, tu es le premier a avoir compris que j'avai choisi comme pqeudonyme le titre du livre dd Barjavel (un livre que j'adore, d'ailleurs il fait partie des meilleurs livres que j'ai lu). Apres je suis sure qu il y en a d'autres qui avaient compris mais tu es le premier a le dire alors que je l'utilise depuis longtemps. Je te dis un grand BRAVO.:-D:-D

Merci :). J'hésitais avec l'un des antagonistes de fils des brumes mais je me doutais que c'était Barjavel. Très bon bouquin d'ailleurs :)

Oooooooooooh ! Vous êtes toutes et tous trop choupinou à demander mon retour !!!! heart

ZAHA! Contente que tu sois revenue tu nous a manque. Je voudrais te poser une quzstion si ce n'edt pas trop indiscret: voilq je voudrais savoir d'ou et comment t'est venu le pseudo de Zahardonia (qui esr aussi le nom de la Prime Reine dans ton roman) si cq ne te derange pas trop;-);-) mais ton retour m'enthousiasme:-D:-D

J'ai juste fait un saut sur le blog de Martin, je n'étais pas si loin wink

Pour mon pseudo, il vient de du nom d'un personnage d'un roman (La Cavalière de cristal de Robin D. Owens). Ce personnage s'appelle "Zhardon", on ne le croise qu'une seule fois et c'est un pilier de bar absolument pas recommandable. Quand j'ai croisé ce nom, "Zahardonia" m'a pop dans la tête (vraiment comme une bulle qui éclate, c'était exactement ça), j'ai levé les yeux de mon bouquin, j'ai répété "Zahardonia" tout haut et je trouvais que c'était super classe et je l'ai gardé. In n'y a aucun rapport avec le personnage du "Zhardon", je ne m'identifie pas à lui du tout, j'ai juste eu une illumantion fulgurante avec l'orthographe (j'adore les orthographes de nom et de pseudo compliquées) et la sonorité.

J'ai ce pseudo depuis 10 ans et, pour raconter l'histoire jusqu'au bout, je l'utilise sur tous les jeux vidéos auxquels j'ai joué pour nommer mes personnages mages/sorciers.

Du coup, quand j'ai créé le personnage de ma reine, je ne lui trouvais pas de nom. Comme elle est une arcaniste (je reparlerai des arcanistes dans l'article sur les écoles de magie wink), je lui ai collé le nom de Zahardonia en attendant de trouver mieux. Finalement, c'est resté.

Je tiens à préciser que je ne m'identifie pas à ce personnage, c'est juste que le nom collait bien.

Merci pour la reponse, he t'avais pose la question parce que en reflechissant au nom, je me suis dit qu-il etait assez dufficile a prononfer (en tout cas pour moi:-)) et puis je me suis rendue compte que dans une langue il signifiait quelque chose (enfin plus ou moins si on change le 'r" de place) ca veut dire les : les fleurs d'ici-bas. Voila c'etait juste pour ca et je pensais que tu l'avais pris de la mais je me suis visiblement trompee ;-);-);-).

C'est en quelle langue ?

Quant à la prononciation, tu as le choix : soit tu fais juste un a long au début et le reste se prononce normalement [Za-ar-do-ni-a], soit tu prononces bien le h aspiré comme dans "hibou" ou "hache" [Za-*har-do-ni-a].

Perso, je prononce selon la première manière que je trouve plus fluide.

Oui genre pour la prononciation on fait facon neerlandophone personnellement je prefere la deuxizme avec le h apsire. Quant a la langue c est de l arabe.;-);-)

Ça m'étonne pas... on aime bien les h aspirés dans cette langue ! smiley

Merci pour l'info, en tout cas !

Comme en neerlandais ils aiment les doubles voyelles;)

Je suis un peu comme monsieur Jourdain, je faisais de l'ironie dramatique sans le savoir... lol... Je suis un 'jeune' auteur de fanrasy en passe d'être publié et je viens d'apprendre quelque chose. Très bon article, plein d'humour, très bien écrit. J'adore. J'ai aussi un blog où je parle de fantasy et où je m'essaie avec mon complice (nous sommes deux, Bret & Harken)  à la critique littéraire avec humour. Je repasserai, et pour m'en assurer, je vous ai mis en lien sur le blog et j'ai partagé sur facebook. A très vite.

Content d'avoir pu t'apprendre quelque chose et merci pour cette gentille attention :)

C'est super intéressant :) Ca va beaucoup m'aider pour mon livre de fantasy. C'est vrai que je trouvais souvent ce que j'écrivais un peu mou :)

génial! C'est une super nouvelle ça :)

Super intéressant,

et encore une fois une explication de quelque chose que l'on croit innée mais qui ne l'est pas tant que ça! Personnellement je l'exploite déjà dans mon roman, d'ailleurs c'est un bon outil pour écrire des péripéties qui se rejoignent correctement.

Mais du coup j'ai une autre question : comment doser une falsification d'information dans son roman, sachant que le personnage et même d'autres y croient, alors qu'à un moment donné on se rend compte que ce n'est pas le cas.

Exemple : le héros apprend qu'il doit avoir les 7 gemmes pour sauver le monde et en fait non, ces gemmes ne sauvent pas le monde, même si elles réalisent bien un miracle.

Merci :)

Ce dont tu parles s'appelle une fausse piste ou un red herring en anglais. Il n'y a pas de recettes de dosage pour l'installer, si ce n'est l'expérience et l'analyse d'oeuvres. :)

 

Cependant, voici quelques utilisations courantes de la fausse piste:

 

soit disséminer une série d'indices dans ton intrigue pour guider ton lecteur vers une fausse solution...et le surprendre ensuite (ex: donner un collier magique qui finalement ne sert à rien)

soit en commençant par un échec puis une réussite (le collier ne sert à rien....mais en fait si mais pas comme le pense le héros= il sert complètement à autre chose, ou il faut respecter une condition, etc)

 

 

 

 

Ajouter un commentaire