Écrire des scènes de combat

Écrire des scènes de combat

Aujourd’hui, on parle d’un sujet qui m’a été pas mal demandé et que je n’ai cessé de repousser parce que… ben parce que c’est un gros morceau qui n’est pas facile à traiter et sur lequel j’avais peur de me casser les dents. Voilà. Autant être honnête avec vous.

Mais j’ai fini par prendre mon courage à deux mains et à m’y coller ! À vous de me dire en fin d’article si le pari est réussi ou pas ! wink

Aujourd’hui, je vous explique donc comment écrire des scènes de combat !

J'avais déjà brièvement abordé le sujet dans la FAQ #1 : Écrire de la Fantasy, mais, dans cet article-ci, je compte bien tout vous expliquer en profondeur (en tout cas, je vais essayer).

Un petit mot avant de commencer : n’oubliez pas que le sondage concernant le nouveau visuel pour les articles de magie est toujours ouvert : L’identité visuelle de la série sur la Magie wink

Généralités

J’aimerais commencer par vous rappeler qu’une scène de combat, c’est comme une scène de sexe : il faut qu’elle serve le récit.
Placer une scène de combat dans le seul but d’avoir de la violence pour la violence, ça ne sert à rien.

En général, les scènes de combat servent à faire évoluer le personnage et/ou l’intrigue, il doit toujours y avoir un enjeu scénaristique à la clé. Ainsi, une scène de combat peut être utile pour :

  • approfondir la psychologie d’un personnage
  • faire perdre ou gagner des valeurs, des compétences ou des atouts (physiques, matériels ou moraux) au personnage
  • introduire un nouvel élément à l’intrigue (une révélation, permettre au personnage de passer à l’étape suivante…)
  • etc.

Faites également attention au niveau de violence de la scène : restez dans le ton de votre livre. Ne faites pas du gore juste pour faire du gore alors que le reste de votre récit est assez calme et n’édulcorez pas non plus les scènes alors que vous êtes censé-e décrire un gros bourrin assoiffé de sang qui massacre ses victimes.

Restez cohérent-e par rapport à la puissance de vos personnages (il n’y a rien de pire que de voir un personnage devenir surpuissant le temps d’un combat sans la moindre explication), à leur situation (fatigue, blessure, pression psychologique…), au lieu du combat (terrain glissant, accidenté…) et aux conditions (jour, nuit, pleine lune, canicule, tempête…). Tous ces facteurs affectent le combat, les facultés des personnages et les décisions qu’ils vont prendre.
De même, n’oubliez pas que, en moyenne, les facultés des femmes sont égales à celles des hommes : un flan transpercé aura le même impact sur un homme que sur une femme. Je vous dis ça parce que, récemment, j’ai lu un livre dans lequel les hommes semblaient avoir des super-pouvoirs de résistance à la douleur, aux commotions cérébrales, aux balles de fusil dans l’abdomen et aux os brisés alors que les femmes supportaient à peine un hématome au visage suite à un coup de poing…

Restez cohérent-e également avec le point de vue. Ne changez pas de narrateur ou de focalisation le temps du combat sous peine de perdre le lecteur.

Enfin, ne faites pas vos scènes de combat trop longues en faisant durer le suspens ou en ajoutant des rebondissements à outrance. Vous risqueriez de vous perdre vous-même et d’ennuyer votre lectorat.

 

La préparation de la scène de combat

Comme pour tout, le niveau de préparation d’une scène de combat est propre à chacun-e et il n’y a que vous pour savoir de quoi vous avez besoin.

Le minimum que je vous conseille de faire tout de même, c’est de visualiser la scène une première fois dans votre tête avant de l’écrire. Cela vous permettra d’avoir les idées plus claires au moment de la rédaction et de savoir dans quel ordre raconter les choses. Une scène de combat où tout est dans le désordre n’est pas intéressante.
Bien entendu, rien ne vous empêche non plus de l’écrire d’abord et de la remettre dans l’ordre après.

Pour le reste, vous pouvez :

  • Faire une fiche chronologique des actions, pour être sûr-e de ne rien oublier et de tout raconter dans l’ordre. Une scène de combat doit être fluide et passer son temps à revenir en arrière pour expliquer que Plectrude a ramassé son épée avant d’essayer d’embrocher Jean-Eudes, qui avait, au préalable, brandi son bouclier… Non. Expliquez les choses dans l’ordre, un combat est déjà confus de base, vous devez donc être clair dans vos propos.
  • Faire des fiches de vocabulaire propre au combat et aux armes que vos personnages utilisent. Si vous êtes aussi tatillon-e que moi lors de l’écriture de votre premier jet, cela vous évitera de devoir sortir de votre concentration juste parce que vous cherchez un synonyme à « coup de poing » et si vous ne l’êtes pas, vous gagnerez un temps fou lors de la correction pour supprimer les répétitions.
  • Noter succinctement (ou pas) les enjeux (conscients ou inconscients) du combat : Qu’est-ce que votre ou vos personnages risquent ? Qu’y a-t-il à perdre en cas de défaite ou de victoire ? Qu’y a-t-il à gagner en cas de défaite ou de victoire ? (Des valeurs morales, des apprentissages, des personnes, des objets…)
  • Noter succinctement (ou pas) le rôle de la scène dans votre intrigue : Que va-t-on apprendre à propos de votre ou vos personnages ? Quelle révélation ? Quelle sera l’étape suivante ?…

 

L’écriture de la scène de combat

Une scène de combat peut se subdiviser en 3 étapes :

 

1. L’amorce

Il s’agit de la phase de préparation au combat, le calme avant la tempête.

L’amorce sert à :

  • présenter les enjeux du combat (mais pas nécessairement, les enjeux peuvent aussi être découverts pendant ou après la scène)
  • planter le décor : les descriptions étant à proscrire pendant le combat en lui-même, si vous voulez parler de la beauté des éclats flamboyants du soleil couchant qui enflamment les armures étincelantes des belligérants ou expliquer la nature du terrain qui va accueillir l’affrontement, c’est le moment, c’est l’instant ! Mais ne vous épanchez pas non plus dans des descriptions à rallonge, rappelez-vous que vous êtes là pour faire monter la pression
  • mettre en place l’ambiance en décrivant les gestes des personnages (s’ils se lèvent, dégainent leurs épées, préparent leurs incantations…) et leurs pensées
  • faire échanger les personnages une dernière fois avant la baston : on n’arrête pas un combat pour laisser place à un monologue ou un dialogue, donc si vous voulez en placez un, c’est maintenant.

Dès cette phase, commencez déjà à raccourcir vos phrases et à utiliser un vocabulaire plus précis et un champ lexical en rapport avec le combat.

 

2. Le combat

Vous l’avez deviné, il s’agit de la scène de castagne à proprement parler.

Les scènes de combat sont des scènes qui doivent être dynamiques, haletantes et riches en émotions. Exit donc les descriptions à rallonge, les plongées dans les pensées de vos personnages, les envolées lyriques, les questionnements existentiels, etc.

Voici quelques techniques pour écrire une scène de combat efficace :

  • Écrivez des phrases courtes qui se succèdent permet de créer une forme de halètement, comme si le lecteur était aussi essoufflé que le personnage.
  • Si vous avez bien votre scène en tête, vous devriez être capable de pouvoir vous la passer stop motion pour réussir à capter les moindres mouvements de vos personnages de manière à pouvoir tous les décrire, quitte à trancher dans le vif par la suite.
  • Évitez les onomatopées, sauf si vous écrivez pour les enfants ou un roman humoristique.
  • Limitez les paraphrases et les descriptions.
  • Décrivez les actions avec précision et concision. Attention, ne confondez pas concision et simplicité, il faut que vous racontiez les choses, pas que vous les disiez. On n’écrit pas « Il frappa Machin. Et Machin mourut », mais « Sa hache s’abattit dans un bruit sourd. C’en était fini de Machin. »
  • Optez pour un vocabulaire et un champ lexical adaptés au combat : encore une fois, à moins que vous n’écriviez quelque chose de très spécifique ne mélangez pas le champ lexical du combat avec ceux de la cuisine et/ou de la danse, par exemple. De même opter pour des mots durs, des dénominations précises, des explications concises… afin de ne pas ralentir l’action et d’accentuer (ou d’atténuer) un effet de cruauté, de violence…
  • Écrivez à la voix active : c’est déjà un conseil qu’on donne en règle général, mais c’est encore plus valable pour les combats. La voix passive a tendance a ralentir la lecture. Vous pouvez toutefois l’utiliser avec parcimonie pour renforcer l’idée que votre personnage est acculé par son ennemi, par exemple.
  • Limitez les dialogues au strict minimum : comme dit plus tôt, vos personnages ne sont pas là pour tailler une bavette, mais pour trancher dans le lard, du coup faites-leur économiser leur salive. Bien entendu, une petite insulte ou une petite provocation, ça fait toujours plaisir, mais ce n’est pas le moment idéal pour votre méchant d’exposer son plan machiavélique ou pour votre gentil d’exposer ses valeurs chevaleresques.
  • Décrivez les sensations (douleurs, joie d’avoir touché l’adversaire, essoufflement...) et les attitudes des personnages afin d’augmenter les émotions ressenties par le lectorat. Pensez aux 6 sens.
  • Respectez la chronologie : je sais que je me répète, mais c’est hyper important, racontez votre scène sans passer votre temps à des rappels temporels à base d’avant que, après que, etc.
  • Prenez en compte l’entièreté des corps des combattants et des armes : un combattant ce n’est pas que des pieds, des bras et une tête ; une épée ce n’est pas qu’une lame. Vous pouvez jouer avec toutes les parties du corps : les dents, les genoux, les coudes, les épaules, les cuisses… ; et avec toutes les parties d’une épée : le pommeau, la garde, les quillons, le fourreau…
  • Limitez les rebondissements et n’utilisez pas les mêmes deux fois de suite. De même, faites varier les dominations, mais, encore une fois, ne tirez pas en longueur.
  • Respectez les forces et les faiblesses des personnages.
  • Restez cohérent-e avec les règles de votre univers.

 

3. L’issue

C’est la phase de retour au calme, mais aussi de conclusion.

Vous pouvez vous permettre plus de descriptions et des phrases plus longues.

Cette phase peut servir à :

  • expliquer ce que le ou les personnages ont gagné ou perdu
  • faire le point sur l’état émotionnel (et physique) du ou des personnages
  • faire le point sur l’intrigue
  • laisser au lectorat le temps de récupérer de ce qu’il vient de vivre et/ou de digérer ce qu’il vient d’apprendre
  • placer un cliffhanger

 

Les différents types de scènes de combat

Il existe différents types de scène de combat. Mais rassurez-vous, si les principes sont différents, les techniques stylistiques restent les mêmes. Il vous faudra surtout gérer les ambiances et les champs lexicaux de manière différente.

La bagarre

Dans ce type de scène, on se retrouve surtout dans du 1 contre 1 ou un petit groupe affronte une personne ou un autre petit groupe. C’est un combat qui peut être déloyal et/ou dédié à la survie au cours duquel aucune règle n’a lieu. Typiquement, ce sont des scènes où :

  • deux personnages se disputent
  • un groupe de malfrat attaque un voyageur ou un petit groupe de voyageurs
  • deux bandes qui s’affrontent dans une taverne
  • un personnage perdu qui doit se battre contre un animal sauvage pour survivre

On va plutôt se retrouver avec un combat à mains nues, avec des armes improvisées (des chopes de bière, des chaises, des pieds de table, des branches…), parfois avec de vraies armes dans le cas de voleurs qui attaquent des badauds. Vous pouvez jouer avec un vocabulaire un peu rustre, voire sauvage.

 

Le duel

Ici, il s’agit d’un affrontement entre deux personnes dans les règles de l’art. Vous pouvez aussi se faire s’affronter deux groupes de belligérants dans une arène, par exemple. Les combats de gladiateurs (et assimilés) sont à considérer comme des duels.

Comme ces combats-là sont beaucoup plus réglementés, vous pouvez utiliser un vocabulaire plus technique et décrire des actions plus précises. On retrouvera aussi des armes conventionnelles comme des épées, des boucliers, des bâtons, des hallebardes, des pistolets, des tridents…

Notez également qu’un duel n’est pas toujours un combat à mort.

 

La mêlée

Ici, je définis la mêlée comme étant le combat d’un personnage ou d’un petit groupe de personnage dans le cadre d’un affrontement plus grand. Par exemple :

  • une escouade chargée d’une mission particulière alors que la ville est assiégée et qui rencontre un groupe ennemi
  • votre héros qui doit se frayer un chemin à travers un champ de bataille

Vous allez davantage jouer sur l’ambiance pesante de la bataille et du chaos alentour que réellement vous appesantir sur un champ lexical précis. Je vous conseille d’opter pour un vocabulaire généraliste de combat pour mettre l’accent sur les enjeux plus grands.

 

La bataille

Ce genre de scènes est très compliqué à gérer puisqu’il s’agit de raconter le choc entre deux armées. En général, dans la plupart des romans, on opte pour plusieurs scènes de mêlées qui se passent à différents endroits en même temps (cf. la bataille du Gouffre de Helm ou la bataille des champs du Pelennor dans Le Seigneur des anneaux).

Pour raconter une scène de bataille, il faut vous imaginer que vous observez le tout en haut d’une tour et que vous décrivez que ce vous voyez, entendez, sentez et ressentez. Vous pouvez très bien vous imaginer enfermé-e avec l’État-Major de manière à recevoir les nouvelles du front, également.

Ici, il ne sera pas vraiment question de vocabulaire technique, mais davantage d’impressions : le tumulte, l’odeur du sang, la terre qui tremble sous les pas des milliers de soldats…

 

Le combat magique

Le combat magique est peut-être le plus compliqué à raconter puisqu’il faut trouver le bon équilibre entre description de l’action et explication des mécanismes magiques pour éviter l’effet Deus ex machina (plus communément appelé TGCM, c’est-à-dire « Ta Gueule, C’est Magique »).

Si vous avez choisi une focalisation externe pour la narration (c’est-à-dire que votre narrateur n’explique que ce qu’il voit sans connaître les ressentis et les pensées des personnages), ce sera plus facile : il vous « suffira » de décrire ce qui se passe, les effets produits par la magie (sans trop insister sur les effets pyrotechniques), les attitudes, les expressions et les gestes du ou des thaumaturges (sans trop rentrer dans les détails, non plus). Vous pouvez utiliser des métaphores et des comparaisons pour permettre au lecteur de mieux comprendre le fonctionnement de la magie. Mais, encore une fois, ne tombez pas dans l’excès en en disant trop, le principal ici c’est l’action.

Si vous avez opté pour une focalisation interne pour votre narration (c’est-à-dire que votre narrateur connaît les pensées et les ressentis de votre ou vos personnages), vous devrez trouver le juste équilibre entre ce que le ou les thaumaturges ressentent lorsqu’ils usent de leur magie et les effets produits. Encore une fois, il ne faut pas tomber dans l’excès de pyrotechnie, mais pas dans les tréfonds de méditations complexes non plus. Vous pouvez décrire les mécanismes de votre magie en combat, mais sans tomber dans le manuel théorique du petit thaumaturge. Vous pouvez, par exemple, décrire comme ça : « Elle sentait la source de son pouvoir pulser au même rythme effréné que son cœur et y puisa la quantité de magie nécessaire à son sort. Lorsque la boule de feu jaillit du creux de sa main, les langues écarlates incendièrent son ennemi. Après s’être assurée qu’il ne se relèverait pas, elle s’effondra, épuisée. » C’est pas parfait, mais avez saisi l’idée.

La dernière chose et la plus importante à propos des combats de magie : respectez les règles que vous avez fixées !
Lors de combat de magie, on a souvent tendance à s’emporter et à surenchérir en puissance et en explosions multicolores et parfois même à transgresser ses propres règles (un personnage infatigable, une incantation accélérée pour plus de commodité, un personnage qui n’a soudain plus besoin d’incanter, etc.). Quoi qu’il arrive, respectez vos règles ou vous perdrez en cohérence et, donc, en plausibilité.

 

Enfin, le dernier conseil que je puisse vous donner, en règle général, tous types de combats confondus : lisez et apprenez de ce que vous lisez.
Les scènes de combat déjà écrites sont sûrement les meilleurs professeurs que vous pourrez trouver. Ainsi, lorsque vous croisez une scène qui retient votre attention, marquez-là pour pouvoir en tirer des enseignements par la suite.

 

N’hésitez pas à vous entraîner en prenant ces scènes comme modèle, à « écrire comme », afin d’affiner et de perfectionner votre style (tant que vous ne rendez pas ces exercices publics ou que vous le faites en précisant que ce sont des exercices qui ne sont pas destinés à la vente, il n’y a pas de plagiat). Personnellement, c’est comme ça que j’ai appris à écrire parce que, à l’époque, les forums et les blogs de conseils d’écriture, ça n’existait pas.

 

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui et… je crois que ce n’est pas si mal point de vue quantité !

 

Alors ? Verdict ? J’ai réussi mon pari ou je me suis plantée en beauté ?

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C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup wink

Écrire des scènes de combat

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Commentaires

Pari réussi !

Un article très complet et bien argumenté, que j'approuve totalement. Au départ, je n'étais pas forcément d'accord avec ton avis sur le changement de point de vue au cours d'un combat, je pensais notamment à un passage de Légende de David Gemmel où l'auteur passe durant un ou deux paragraphes dans le camp des "méchants", afin de nous montrer leur point de vue et leurs motivations. Mais à la réflexion, même si tout se déroule durant la même bataille, je pense qu'il s'agit en fait de deux mêlées différentes, pour reprendre ton vocabulaire. Du coup, je suis d'accord avec tout ce que tu as dit ! ^^

Je me permets toutefois d'ajouter deux petits conseils à la longue liste que tu présentes ici (si tu es d'accord, bien sûr):

- Le premier, qui s'adresse surtout aux pratiquants d'arts martiaux et de sports de combat, ainsi qu'aux perfectionnistes : attention à ne pas utiliser de vocabulaire trop spécifique et technique, j'en ai fait les frais auprès de mes bêta-lecteurs. Il est assez facile de se représenter un coup de taille, d'estoc, ou une fente. En revanche, une ballestra, une septime ou un fouetté parleront beaucoup moins au profane de l'escrime...

- Le second est plus une astuce personnelle : quand j'écris une scène de combat, je la joue. Un bout de bois pour faire l'épée, un manche à balais en guise de lance, et je mime les affrontements. On a un peu l'air couillon, mais ça permet de bien se rendre compte des mouvements possibles et logiques, et d'éliminer ceux qui ne conviennent pas.

Effectivement, quand je parlais de point de vue, je parlais surtout de focalisation interne/externe : juste pour une scène de combat, on ne passe pas d'une focalisation interne à la 1ere personne à une focalisation interne à la 3e personne, par exemple. C'était surtout ça que je voulais dire.

Concernant le vocabulaire, c'est un choix à faire. Certains écrivains veulent de la précision et vont parler de bellastre, de septime et de fouetté et d'autres pas. Le tout c'est de les expliquer avant ou dans un lexique en fin d'ouvrage. J'avais lu un récit où l'auteur avait choisi de garder le vocabulaire japonais du karaté, mais il avait fait un lexique complet à la fin de sa nouvelle et ça passait très bien. C'est vraiment un choix personnel de l'auteur, à mon avis.

Quant à la seconde remarque... C'est vrai qu'on a l'air tellement stupide quand on commence à mimer ce qu'on doit écrire !!! XD
Une fois j'ai passé 20 minutes à mimer et décomposer les mouvements que mes personnages devaient faire pour ouvrir un passage secret. Je devais avoir l'air fine !!!
Mais c'est vrai que c'est une bonne astuce smiley

Je te retrouve bien là,  Zahardonia, c'est exactement ce que l'on retrouve dans les combats du "Tournoi"  pour désigner l' Héritier de l'Ordre des Ombres.  Ce extrait de "La Fuite" de Neph et Shéa est super, j'ai adoré.  Combats bien décrits, sans détails morbides, je dirais très attractifs où le lecteur reste en haleine jusqu'au bout du combat en attendant le combat suivant et puis le suivant et encore le suivant jusqu'au final !    Bravo, même au point de vue psychologique tu fais mouche !

Je te lis avec plaisir.  A quand la suite des Aventures de Neph et Shea ?  A quand le prochain "récit" ou "nouvelle" ?  Mais je sais, tu devrais avoir des jours de 48H.. Que de temps passé, Zahardonia, les gens ne s'en rendent pas toujours compte.  

Pari très bien réussi!!

Il est magnifique (en plus cela tombe le jour où je suis à jour dans mes lecture, donc le jour où je termine mon défi, j'aime bien ce clin d'oeil).

Pour la préparation du combat, je suis entièrement d'accord avec toi, il faut imaginer la scène, c'est ce que je fais avec une musique digne d'une scène de combat. Quand je l'imagine, j'essaie d'avoir du recul, c'est comme si je filmais la scène avec un drone qui peut tourner autour de tous les personnages et objetc. Cela me permet d'avoir un point de vue extérieur à ce que je fais tout en étant dans la scène. Il va de soi que je me repasse la scène plusieurs fois (même en me couchant par exemple et là c'est le pire).

Pour la phase du combat, il faut être attentif au style et type du combat, je pense que la-dessus ton artcile est clair et complet. Pour ma part, je note juste les objets qui sont présents dans la pièce (au cas où^^) les armes etc... Dans le but d'être cohérent et de ne rien oublier. Pour les phrases courtes, je ne sais plus où j'ai lu cela mais c'est excatement ce que tu dis. Elles permettent d'accélerer le rythme, et la variation de ces phrases (si c'est bien exploitée) peut-être top.

Comme tu le précises, que ce soit un combat de bagarre, de mêlée ou de magie, il ne faut surtout pas oublier le fonctionnement de notre univers. De même les conditions des personnages sont plus qu'importantes (il y a quelque temps j'ai lu un livre où j'ai pu discuter avec l'auteur. Je ne parvenais pas à m'attacher à ses personnages puisqu'à mes yeux ils étaient invincible. Pour exemple, l'un d'entre eux c'est pris une balle, il est au bord de la mort et la scène suivante hop il est opérationnel pour la bagarre qui suit. Et ça en tant que lecteur, je n'adhère pas du tout).

Ensuite pour la troisième partie, elle reste importante (je reprendrai l'exemple au dessus). Une bagarre pour une bagarre bof (sauf si c'est le "truc" du livre. Il faut un but, une raison. 

Puis il faut surtout éviter de trop enchainer. Pour ma part, j'ai des personnages (enfin surtout un, la deuxième personne ne se bat pas à ce moment-là) qui se battent dans une pièce, du coup je décris la scène, et à l'issue ils parviennent à sortir et BING, ils sont face à une multitude de soldats. Au lieu de décrire une deuxième de combat, j'ai fait un cliffangher ^^

Attention, mon témoignange ne veut pas dire que je suis top dans les scènes de combat^^ il permet juste de confirmer les dires de notre excellentissime Zaha^^

 

Salut ^^

J'aurais aimé commenter plus tôt, mais j'avais pas internet à la plage ^^'

J'adooooooooooooooooooooooore cet article et c'était celui que j'attendais le plus ! Au départ, je n'arrivais pas à écrire ces scènes, maintenant je suis sûre que j'arriverais à faire une scène de combat digne de ce nom. Alors merci ^^

Ce qui est étrange, c'est que j'imagine parfaitement les scènes dans ma tête, j'en regarde à la télé (même des documentaires pour plus de réalisme) et j'en lis et grâce à ça, je reproduis aussi les scènes en réalité (je le fais quand je suis seule chez moi, sinon on me prendrait pour une folle), mais j'avais toujours du mal à écrire des scènes de combat ^^'

Je me demande s'il ne manque pas un genre de combat dans ta liste. Peut-être que les combats en vaisseaux spatiaux auraient pu y figurer. Je sais que ça se rapproche plus de la science-fiction, mais comme j'écris de la science-fantasy, je voulais placer des scènes de bataille spatiales et des combats rapprochés. Après, je ne sais pas si tu considère que ces scènes n'ont pas leur place ici, c'est pas grave.

Merci quand-même pour ce super article !!! ^^

Je range les batailles spatiales et navales dans les scènes de bataille générale puisque le principe est le même. Ce n'est pas le cadre qui compte, c'est le point de vue et le nombre de participants considéré. Pour le reste, il suffit d'adapter le vocabulaire et d'ajouter les éléments qu'il faut.

Juste une chose que j'ai oublié ^^'

J'ai du mal à trouver le vocabulaire spécifique au combat, si tu pouvais me conseiller ? Merci, d'avance ^^

Il existe plein d'outils et de lexiques disponibles sur internet, il suffit de faire un peu de recherche avec des mots-clés comme "lexique de combat" ou "vocabulaire de combat" ou encore "lexique combat spatial", etc.

Tu peux aussi te servir :

Ok, merci ^^

Salut ^^

Je suis en train de lire un livre et il commence directement par une scène de combat, ce que j'ai beaucoup apprécié. Mais de fait, l'auteur a expliqué les raisons du combat pendant le dit combat. C'était à la fois un combat magique et un combat au corps à corps. L'auteur expliquait beaucoup de choses (un trait de caractère du personnage, son physique, les explications du fonctionnement de la magie...) et laissait le personnage vagabonder un peu dans ses pensées, souvenirs et sentiments. Pourtant je trouvais qu'il y avait toujours un certain dynamisme dans le combat. C'était juste une remarque en passant ^^

C'est quoi le livre ? smiley

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