Vos romans sont-ils sexistes ?

Vos romans sont-ils sexistes ?

Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un petit test pour déceler le sexisme en littérature, mais aussi au cinéma, dans les séries, les jeux vidéos...

Ce test est assez connu, mais je pense qu’un petit rappel n’est pas inutile, surtout au vu du dernier roman que j’ai lu !

En effet, récemment j’ai lu un livre de Fantasy qui, sous le couvert du respect de l’histoire, est tout bonnement sexiste et ça m’a fait dresser les cheveux sur la tête. — C’est d’ailleurs une partie du sujet de la newsletter de demain.
C’en a été au point que j’ai décidé d’ajouter le passage par ce test à toutes mes prochaines lectures et de le notifier dans mes chroniques ! C’est vous dire à quel point j’ai été traumatisée !

Le test dont il est question est le test de Bechdel.

Ce test doit son nom à sa créatrice, Alison Bechdel qui, elle-même, attribue son origine à son amie Liz Wallace. C’est pourquoi il porte parfois le double nom de test de Bechdel-Wallace.
Il est apparu pour la première fois dans les planches de la BD Dykes to Watch Out For d’Alison Brechdel.

 

 

« Tu veux voir un film et te faire un pop-corn ?
– Hum, je sais pas… J’ai une règle, tu vois : je ne regarde que des films qui répondent à trois exigences. Un : qu’il y ait au moins deux femmes ; deux : qu’elles aient droit à un dialogue ; trois : qu’elles parlent d’autre chose qu’un homme.
– Plutôt strict, mais l’idée est bonne.
– Tu parles ! Le dernier que j’ai pu voir comme ça, c’était Alien… Les deux femmes parlent entre elles du monstre. »

Vous l’aurez compris, ce test comporte 3 questions simples :

  1. Y a-t-il au moins deux femmes nommées (nom/prénom/surnom) dans l’œuvre ?
  2. Parlent-elles ensemble ?
  3. Parlent-elles d’autres choses que d’un homme ?

Si on peut répondre oui aux 3 questions, l’œuvre n’est — a priori — pas sexiste.

Ce test permet de mettre en évidence le fait que les personnages féminins sont souvent utilisés comme des faire-valoir des personnages masculins. Ce que soulevait déjà Virginia Woolf en 1929 dans Une chambre à soi :

Toutes ces relations entre femmes sont trop simples, me dis-je en me rappelant rapidement la splendide galerie de femmes fictives. (...) Et j’essayai de me souvenir d’un cas, un seul, où dans le cours de mes lectures deux femmes auraient été représentées comme amies. (...) Il y a ici ou là des mères et des filles. Mais elles sont, presque sans exception, montrées dans leur relation aux hommes. C’est étrange de penser que toutes les grandes figures de femmes dans la fiction sont, jusqu’à Jane Austen, non seulement vues par l’autre sexe, mais vues seulement dans leur relation à l’autre sexe. Et combien ce n’est qu’une part de la vie d’une femme ; (...)

J’ai dit que les œuvres qui passaient ce test n’étaient a priori pas sexistes parce que ce test a ses limites, comme vous pouvez vous en douter. Bien qu’il soit déjà un premier pas vers la détection du sexisme au cinéma et dans la littérature, il ne prend pas en compte l’ensemble des contextes. Par exemple, les films Twilight réussissent le test grâce à une seule scène où Bella parle avec sa mère du déménagement. Pourtant, ces films sont plutôt considérés comme étant sexistes.
Mais on pourrait aussi penser à d’autres oeuvres où il n’y aurait qu’un seul personnage ou deux personnages, que le seul personnage féminin serait justement là pour faire changer les choses, ou encore des œuvres où les personnages n’ont pas de noms…
Je pense aussi au film Solo: A Star Wars Story qui ne réussit pas le test alors que je ne le trouve pas particulièrement sexiste.

Cependant, malgré les limites de ce test, je le trouve tout de même intéressant. Sans pour autant devoir le prendre comme une parole d’évangile, il permet de soulever des problématiques et de relever des points d’attention.

 

Alors, votre roman passe-t-il ce test ?

 

Pour aller plus loin :

Il existe d’autres tests ou des variantes de ce test. Je vous conseille d’aller faire un tour sur la page Wikipédia qui parle du test de Bechdel : Test de Bechdel

Je vous conseille aussi fortement la lecture de cet article qui développe davantage l’utilité de ce test pour dénoncer le sexisme au cinéma (et ailleurs) : Un outil pour déjouer le sexisme au cinéma de Nicole Van Enis

Pensez aussi à jeter un oeil à cet article-là : Syndrome de la Schtroumpfette

Vos romans sont-ils sexistes ?

Commentaires

Alors, le miens, je pense qu'il passe le test ^^
Mais j'ai tjs peur de véhiculer des clichers sexistes

Je pense qu'on en véhiculera toujours, en tout cas notre génération parce qu'on a été éduqué comme ça et que certaines choses sont ancrées en nous. C'est très difficile de se départir des choses qui nous été inculquées très tôt.

Mais je pense aussi que ce n'est pas une raison pour ne pas essayer ! laugh
(Je ne dis pas ça pour toi, mais pour toutes les personnes qui liront mon commentaires wink)

Salut ! ^^

Toujours première ? Bonne nouvelle :)

Je connaissais effectivement ce test, mais je n'ai jamais trouvé qu'il était justement fiable étant donné que comme tu le dis certaines oeuvres passent le test en étant sexiste alors que d'autres n'y parviennent pas sans réellement l'être.

Contente de voir que je ne souffre pas du Syndrome de la Schtroumpfette. En revanche, est-il possible de souffrir du syndrome inverse ? C'est-à-dire que j'ai des difficultés à écrire et mettre en scène des personnages masculins et de ce fait, mes écrits sont plus remplis de personnages féminins. Et là, je me suis posée une question qui dans mes cours de sociologie avait fait débat : le sexisme inversé existe-t-il ?

Pour ton mail "Fantasy historique et sexisme" je voulais répondre. Oui, pour moi la volonté de respecter la vérité historique justifie de voir du sexisme dans les livres basés sur ce principe. Sinon à quoi bon écrire des romans historiques ou de fantasy historique ? Si on ne respecte pas la vérité historique, autant ne pas écrire dans un cadre historique à mon sens. Parce que le sexisme que tu as vu n'est autre que la réalité de l'époque à laquelle tu es confrontée. Il faut tout remettre dans son contexte. Si à l'époque les femmes étaient considérées comme de petites choses fragiles et sans cervelle, ce n'est pas la faute de l'auteur du livre. Après, peut-être que sa manière de retranscrire la chose afin qu'il n'y ait pas d'ambiguïté n'était pas la meilleure ? Ou peut-être est-ce parce que notre manière de voir les choses est paradoxalement différente selon les gens, mais également façonnée par la société et l'époque dans laquelle on vit ?

Pour en revenir à la question posée... Je ne pense pas qu'il y ait réellement sujet à débat. La vérité historique devrait être plus importante que notre manière d'appréhender les choses à l'heure actuelle si on écrit des romans s'incrivant dans une époque précise ou s'inspirant sur une époque précise.

Salut

Selon moi oui le syndrome de la schtroumpfette ou de manière plus général le sexisme peut être inversé. Les biens pensant te diront un grand non car trop occupé à voir en les femmes des victimes qu'il faut à tout pris protéger ils refusent d'imaginer la possibilité que les rôles soivent inversés. Mais ne t'inquiète pas car personne n'osera te reprocher de mettre trop de personnage féminin au détriment des personnages masculin, il se ferait traiter immédiatement de sexiste...

Merci pour ton commentaire ! laugh

En renvanche, c'était Camille la première wink

Le sexisme consiste à dire que chaque "sexe" a des rôles prédéfinis à tenir et jouer. C'est le sexisme qui consiste à dire que ce sont les hommes qui doivent travailler et les femmes qui doivent s'occuper du foyer. Donc, le sexisme inversé consisterait à inverser le modèle existant en disant que c'est aux femmes de travailler et aux hommes de s'occuper du foyer.
En revanche, si tu parles de l'inverse de la misogynie, il s'agit de la misandrie.

Je te partage ce que j'ai répondu plus bas : "Quand on écrit dans un cadre historique, c'est normal de respecter jusqu'à l'idéologie de l'époque aussi nauséabonde soit-elle. L'important, c'est de ne pas la cautionner par les paroles, les pensées et les actes du héros/de l'héroïne."
Dans le roman que j'ai lu, le héros énonçait clairement des pensées d'un sexisme et d'une misogynie épouvantable. Du genre : "C'est normal qu'elle ait ce genre d'idée, c'est une femme et les femmes sont faibles d'esprit. C'est à nous, les hommes, de leur montrer la voie." (C'est dit littéralement dans le roman, ce n'est pas mon interprétation). Un peu plus tard, le héros se tâte à tuer un personnage contre l'avis de sa dame et le héros se dit : "De toute manière, que je le tue ou pas, je l'épouserai tout de même puisque son père me l'a promise."

Je suis désolée, mais au XXIe siècle, on ne peut plus propager des idées pareilles dans la bouche d'un héros. Encore moins dans un roman jeunesse ! Et si on veut le faire, il faut mettre des avertissement pour dire que c'est comme ça qu'on pensait à l'époque, mais plus maintenant. Je trouve que la personne qui a écrit ce livre est vraiment allée trop loin.

Surtout que, niveau vérité historique on repassera, puisque des femmes de pouvoirs, respectées et craintes, il y en a eu un paquet !

Notre histoire a été écrite par des hommes qui voulaient effacer les grandes femmes. Il n'y a qu'à voir la purge faite dans la langue française par Richelieu et consort au XVIIe siècle pour effacer les femmes des postes importants quand ils ont créé l'Académie. C'est bien connu : si quelque chose n'a pas de nom, elle n'existe pas.

Donc, la vérité historique quant à la place des femmes, on repassera...

Ce test sert à faire un tri de base mais clairement avoir deux personnages féminins qui discutent n'empêchent pas d'avoir des représentations de genre hyper caricaturales ! Le plus important c'est plutôt d'avoir des personnages féminins avec une personnalité marquée je dirais...

Pour ce qui est du sexisme dans les romans, je pense qu'il y a une différence entre un monde sexiste et une histoire sexiste. Même sans écrire de l'historique, il y a du sexisme (et du racisme aussi) dans l'univers que j'ai créé, mais ça n'empêche pas qu'il y ait des personnages féminins très fort qui doivent vivre avec (certaines en s'adaptant à ce qu'on attend d'elle, et d'autre en s'y opposant, bref en existant telles qu'elles sont)... C'est vrai que si on tient à respecter l'histoire, c'est assez obligé de mettre de la discrimination, mais il me semble important aussi à l'époque à laquelle on est de présenter cette discrimination de façon négative, sinon ça revient simplement à véhiculer de mauvaise image auprès des lecteurs

Merci pour ton commentaire !

On est assez d'accord : quand on écrit dans un cadre historique, c'est normal de respecter jusqu'à l'idéologie de l'époque aussi nauséabonde soit-elle. L'important, c'est de ne pas la cautionner par les paroles, les pensées et les actes du héros/de l'héroïne.

Le roman passe le test !

J'essaye aussi de faire gaffe à mes descriptions et à ne pas trop sexualiser (ou alors à sexualiser aussi les hommes) mais si une description se fait par l'oeil d'un personnage un peu limite, la transposition de son regard sera lui aussi un peu limite.

J'avais lu un article à ce sujet sur un blog dont je ne me souviens absolument pas du nom mais qui avait fait pas mal de bruit. J'avais d'ailleurs fini par me prendre un peu la tête avec l'autrice qui selon moi était bien trop radicale (impression renforcée par le fait qu'elle m'a plus ou moins envoyée chier sans chercher à comprendre qu'on puisse penser différemment d'elle (à moins que je lui ai donné l'impression de l'agresser en premier lieu ??)). Autant je trouvais que certaines remarques étaient pertinentes, autant je trouve que d'autres ne servaient à rien.

Je pense que, ce qu'il faut surtout regarder, c'est par exemple est-ce que la fille peut se débrouiller toute seule au moins une fois dans sa vie ou est-ce qu'elle a toujours un mec pour la tirer d'affaire ? Quelle image est-ce qu'elle renvoie ? Par exemple, il y a quelques jours j'ai écrit une scène où c'est le personnage féminin qui abreuve un étranger avec ses connaissances poussées sur l'Histoire du pays. Je n'ai pas voulu rendre cette scène féministe, c'est simplement que, de part son parcours, c'est ce personnage-là qui était le plus à même de faire cet exposé. En fait, c'est ça aussi le truc : il faudrait des femmes qui sont femmes parce que ben... elles sont nées comme ça, et pas des femmes qui sont femmes parce qu'on a besoin d'une femme dans le scénario.

Je pense qu'avoir un personnage sexiste n'est pas un problème tant qu'il n'est pas avalisé par le récit.

En outre, c'est vrai que j'ai souvent l'impression qu'on met des personnages féminins pour en mettre, sans qu'ils aient un véritable intérêt dans l'histoire ni une véritable personnalité sad

Ah, le sexisme ! 

C'est sans doute l'une des choses qui m'énerve le plus quand je lis un livre/manga ou que je visionne un animé/film : la place des personnages féminins et comment, trop souvent, ce ne sont que des récompenses ou des faire-valoirs. Dans la Fantasy, combien de fois ai-je lu l'histoire d'un héros devant aller secourir sa belle ? Ou bien d'un héros qui va sauver le monde avec sa bande d'amis et qui rencontre en chemin une fille belle et guerrière ou, belle et douce ? La Fantasy se plaçant bien souvent dans un cadre moyennâgeux, j'ai aussi pu lire des histoires où les femmes n'avaient tout simplement pas leur place dans la société (ou une place médiocre) et où les héros masculins se concentraient davantage sur l'extermination de monstres ou la recherche d'une épée magique que sur ce véritable problème de société auquel pourtant certaines de leurs proches étaient confrontées et sacrifiées ! Quant aux shonens (un type de mangas axé sur l'aventure et l'action plutôt que sur les sentiments) que j'adore pourtant lire, je n'y retrouve en général que quelques rares personnages féminins, jamais très forts ou qui ne s'améliorent pas ou peu, comparé aux héros qui eux enchaînent les combats, les apprentissages et les victoires. La fille, souvent, n'est là que pour le côté comique ou ecchi (scènes de fan service où on voit les petites culottes, un décolté plongeant etc.) ou bien sert de but au héros, où elle n'est qu'un moyen pour lui de s'améliorer et d'atteindre un statut (prince/roi/empereur) en l'épousant. Même dans les shojos (mangas basé plus sur les sentiments que sur l'action et qui comprend de la romance), les garçons décris sont souvent les mecs les plus populaires du lycée, doués en sport ou rabaissants et mauvais garçons avec les filles, ou bien, dans un cadre plus fantaisiste, ils ont des pouvoirs puissants ou, liés par un contrat, doivent protéger la fille d'une menace... J'ai rarement vu des héros timides, peu sûrs d'eux, tout comme j'ai rarement vu des filles qui sans être exceptionnellement fortes ou belles, avaient un objectif propre et ne dépendaient pas d'un homme. Je trouve étrange que, alors que la majorité des auteurs de fantasy sont des femmes (même si, étrangement, leurs oeuvres sont souvent minoritaires ou moins promues que celles des auteurs hommes), on retrouve quand même ces stéréotypes sexistes dans leurs oeuvres, avec des personnages féminins effacés ou, au contraire, tellement extraordinaires, qu'on ne peut pas s'identifier à eux (une fille excessivement belle, forte, sûre d'elle, douée voire surdouée dans un ou plusieurs domaines...). Le seul exemple où j'ai trouvé que l'évolution de l'héroïne était intéressant car il passait du cliché de la princesse ignorante et fragile à protéger à celle d'une guerrière déterminée, c'est dans le manga/animé Yona la princesse de l'aube. Oui, Yona est l'un des rares personnages féminins, oui elle a cinq garçons qui ont juré de la protéger et qui, contrairement à elle, ont de la puissance ou des pouvoirs, cependant, elle s'entraîne au maniement de la dague et de l'arc, jusqu'à pouvoir participer aux combats et refuse de se reposer sur ses amis pour la protéger.
Étant garçon manqué, j'ai tendance à accorder autant de valeurs à mes personnages féminins et masculins, même si dans mon premier roman jeunesse, les trois héros étaient masculins, ils avaient tous leurs défauts (l'un était timide et peu sûr de lui, l'autre un poil trop direct, le dernier un peu trop arrogant et n'arrivait pas, par fierté, à exprimer ce qu'il ressentait vraiment), cependant, les personnages féminins qu'ils rencontrairent durant leur quête avaient tous une personnalité et une histoire propre (la sorcière Baba Yaga qui les piège tout en les aidant, Nemue, la Dame du Lac, qui les met à l'épreuve pour savoir s'ils sont dignes de son aide, les Doyennes qui marchandent avec eux contre des réponses...). Je pense qu'il faudrait que chaque personnage, indépendament de son genre, ait son importance dans l'histoire et ne serve pas juste de prétexte ou de faire-valoir à d'autres personnages... un peu comme les méchants super vilains... oui, c'est cool d'en avoir, ok il en faut sans doute, mais pitié, approffondissez l'histoire au lieu de dire juste "c'est un méchant très méchant et moche et puissant" ou, pour revenir aux femmes "c'est une femme super belle, rebelle et forte" ^^

À certains égard je trouve les shônen beaucoup moins sexistes que les shôjo même si ça peut surprendre. Il est vrai que dans de nombreux shônen les filles sont dévêtues et que leur rôle se borne à être la jolie fille qui, même quand elle veut être forte, finit par se faire sauver par un gars. Mais. Dans les shôjo les filles sont toujours moins intelligentes que les garçons (même quand elles sont extrêmement douées, comme dans Jaichou wa Maid-sama (l'héroïne est deuxième de son lycée derrière... le héros)), les mères sont bien souvent des femmes au foyer ou alors elles ont abandonné leur enfant (Ogami shojo to kuro-ojii) où sont mortes. Les garçons sont torturés et les filles sont là pour les soigner. Bref. Sans doute y a-t-il de très bons shôjo où ça ne se passe pas vraiment comme ça, mais je ne m'y connais pas assez pour le dire. Dans les shônen, même s'il peut y avoir du fanservice (et encore, pas toujours, j'ai quand même plus l'impression que le fanservice se trouve dans les animés adaptés de litgh novel et non de manga (comme Strike the blood, par exemple)), on trouve quand même des personnages féminins assez sympa. Je pense à Im de Makoto Morishita avec notamment l'héroïne chez qui tombe Im qui est quand même assez sympa et évolue. Je pense aussi aux personnages féminins de Shaman King qui sont assez diversifiés ; à Benio dans Sousei no Onmyouji qui, bien qu'un peu tsundere sur les bords, est quand même assez badass. Il y a aussi Mai dans Yu-Gi-Oh qui n'a pas un rôle très important mais est loin d'être une princesse qui a besoin des autres pour se défendre. Même si dans les shônen on peut trouver des éléments sexistes (le cliché du prince qui sauve sa belle, pour résumer), il y a aussi beaucoup cette idée d'une bande d'amis qui sauve le monde (c'est bien là tout le principe d'un shônen) et du coup dans les bandes d'amis il y a aussi des filles, ce qui fait qu'elles passent de "rôle féminin" à "rôle d'ami" et donc gagnent une certaine égalité avec les garçons, je trouve. Donc, paradoxalement, j'ai quand même l'impression que les shônen sont globalement, du moins pour ce que j'en ai vu, moins sexistes sous certains aspects que les shôjo. Je pense aussi à The God of High Scool (coréen) dont je regarde actuellement l'adaptation animée et qui est bien fait, avec une héroïne qui n'a clairement pas besoin d'un garçon pour la défendre mais sans tomber dans le type tsundere.

 

Pour le reste, je suis assez d'accord ! En fait, comme pour les personnages Noirs, homosexuels, etc. il faudrait que les personnages féminins soient des femmes parce qu'elles sont nées femmes (ou pas, d'ailleurs) et pas parce qu'on a besoin d'une femme pour remplir les quotas. Je pense que ça permettrait de faire plus de mesure dans les personnages.

Dans les mangas, les femmes ont la part belle dans X, XxXHolic, Magic Knight Rayearth et Card Captor Sakura des CLAMP, aussi dans Angel Sanctuary de Kaori Yuki (le personnage de Sara a une très belle évolution) et il y a Sailor Moon où, là, ce sont plutôt les hommes qui servent de faire-valoir ^^'

Lost Paradise, The Ancient Magus Bride et Gunsliger Girls sont très intéressants aussi par rapport à la place des femmes.

Oui, effectivement The Ancient Magnus Bride est très bien fait de ce point de vue-là (et de beaucoup d'autres) ! Comme je ne connais que via l'anime je suis allée chercher et il est classé shonen, ce qui me confirme dans mon sentiment que les shonen sont plutôt moins sexistes, et qu'il faut plutôt aller chercher dans les vieux shojo pour en trouver des sympa (si je me fie à ce que tu cites). Bon, sachant qu'aujourd'hui le marché des mangas au Japon est sur-saturé et que toutes les histoires se ressemblent un peu et que ça m'a l'air d'être quand même beaucoup une sur-production pour faire vendre le plus possible, mais je n'ai pas trop étudié la question donc c'est beaucoup un ressenti.

Cela dépend beaucoup des shônens tout de même :) Pour The Ancient Magus Bride, je ne suis pas d'accord avec sa classification en tant que "shonen" dans le sens où l'action n'est pas au coeur du récit. On suit plutôt le quotidien de Chisé et de ses compagnons, il est donc plus "seinen" ^^. Disons tout de même que les shonens les plus connus ne laissent pas beaucoup de place aux femmes : Naruto, Dragon Ball Z, Bleach, The Seven Deadly Sins... Les shonens s'adressant aux jeunes garçons (entre dix et quinze ans environs), il est assez évident que l'immense majorité des héros de shonens soient masculins, toutefois je trouve vraiment dommage que les filles soient réduites dans la plupart à de simples trophées (la fille très belle qu'il faut conquérir ou protéger à tout prix, qui n'a pas beaucoup de force/magie et dont l'évolution est souvent minime par rapport à celle du héros). L'un des rares shonens (qui n'est même pas japonais !) qui ne réduit pas le rôle des femmes et, au contraire, au lieu d'en faire des clichés, montre qu'on peut être une fille sans être forcément belle et qu'une fille peut devenir aussi courageuse et ingénieuse et évoluer autant qu'un héros masculin, c'est Avatar, le dernier maître de l'air. Même si le héros est un jeune garçon de douze ans, il rencontre plusieurs filles qui ont toutes des raisons et des façons de se battre (avec les pouvoirs de l'eau, avec une technique ancestrale, pour protéger ses amis et sa famille, pour faire honneur à son père...). Elles évoluent, s'interrogent et ont toutes un caractère propre (Katara s'énerve rapidement mais elle est aussi compréhensive et très positive, Toph est indépendante, rude, un poil malpolie mais aussi déterminée, Azula est sournoise, puissante, fière...). Bref, ce sont des filles, avec leurs défauts et leurs qualités, auxquelles on peut s'identifier ! Les personnages masculins évoluent eux aussi et sont loin des clichés du héros super fort qui va gagner combat sur combat...
Sinon, pour les shojos, il est vrai que l'on tombe plus facilement sur des clichés d'héroïnes mais... cela dépend aussi du shojo ^^ Et je trouve qu'il y a plus de diversités au niveau des caractères féminins dans un shojo que dans un shonen (en général). Par exemple, dans Gekkan Shojo Nozaki-kun, l'héroïne est mignonne et timide, mais elle a aussi un côté blasé drôle, son amie un peu violente a en réalité une voix douce et envoûtante, le "prince" du lycée est en fait une fille qui semble sûre d'elle alors qu'elle est maladroite et comprend souvent tout de travers... Dans La Princesse et la Bête (shojo papier récent), Salie, l'héroïne, est franche, drôle, déterminée, généreuse et courageuse, et elle s'éloigne de ce que l'on peut voir en héroîne de shojo (elle passe pas des chapitres à rougir sur celui qu'elle aime, mais cherche sérieusement à l'aider et veut trouver sa propre force pour rester à ses côtés). Après, bien sûr, on retrouve aussi des shojos bateaux, avec des héroïnes qui sont des copier-coller de tous les clichés possibles et imaginables, mais, ces dernières années, il y a quand même pas mal de shojos qui mettaient en scène des héroïnes atypiques alors que niveau shonen, le rôle des filles restent encore très basique. :) 
Enfin, ce n'est que mon ressenti ^^" Si vous avez des shonens aux héroïnes fortes et atypiques, je suis preneuse, hein ! ;) 

De toute façon les classifications dépendent moins de ce qu'il se passe dedans que du magazine dans lequel ils sont prépubliés, du coup ça peut être très sujet à caution et du coup effectivement quand j'ai lu que c'était classé shonen j'étais très surprise !

Oui, c'est vrai qu'Avatar est hyper bien fait de ce point de vue là comme à tous les autres points de vue ou pas loin (rythme, histoire, scénario... même les méchants sont chouette). D'ailleurs, j'ai appris que celui qui a écrit Avatar est le monsieur qui travaille sur Le prince des dragons (Netflix) où là aussi les femmes sont des personnages très intéressants ! Mais tout le reste est aussi très chouette. En fait je pense aussi que, même si beaucoup de paramètres sont imbriqués (classification, époque de publication...) une histoire qui est de toute façon bien faite compte des femmes bien faites aussi. Même si llà aussi il y a des exceptions. Naruto (que je connais très peu) ne peut pas avoir un succès pareil en étant mal fait sur tous les plans.

Je te rejoins pour dire que les types de personnages féminins sont moins diversifiés dans les shonen que les shojo !

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